W. de La Rive. Le comte de Cavour, p
3. Le marquis de la Tour du Pin au vicomte de Chateaubriand, 2 juin et 13 novembre 1825. Archives des Affaires étrangères. Correspondance Turin, t. GCXGL
pas du tout bien ; cette maudite affaire du prince que probablement vous saurez, a tout gâté ^ » Il s'en exagérait la portée : quelques jours de consigne, ce fut tout le châtiment. Mais désormais la bienveillance de Charles-Albert disparut, il avait crainte que les étourderies de son page ne le compromissent lui-même ; il le tenait en méfiance ; quelques mois plus tard, à une nouvelle faute, il l'exécuta.
Cependant tout en assurant son « service d'antichambre », Camille de Cavour continuait ses études à l'Académie militaire et ses notes le représentent comme un élève brillant mais indiscipliné, suivant les cours sans grande attention, mais capable d'un effort de travail qui le mettait en tête de sa promotion, rebelle au joug de la discipline un peu étroite de l'école mais séduisant ses maîtres par les éclats d'une intelligence précoce, « bon enfant » avec ses camarades, puis les abandonnant pour se plonger, solitaire, dans d'interminables lectures « non de romans, mais déjà de journaux, de livres de politique et d'histoire' ». Le 30 juillet 1825, il avait été nommé sous-lieutenant du génie, tout en restant à l'Académie. Dans l'été de 1826, à la veille des examens de sortie, il fut pris d'une véritable « furia » de travail, pour reprendre l'expression dun de ses camarades; se jouant des matières les plus abstraites, il obtint sur presque toutes la note maximum, 50 sur 50 '\ et passa le premier de sa promotion; le 16 septembre 1826, il était nommé « lieutenant au corps royal du génie ».
A ce moment, son humeur indépendante l'entraînait à une nouvelle manifestation contre son service de page et le régime
1. Cavour à sa mère, 17 septembre 1823. D. Berli. Il conle di Cavour avanti il i84S, p. 358.