‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 134 sur 171 · Le comte .Mortier à M. Guizot,. 10 janvier IS · texte numérisé non relu

Le comte .Mortier à M. Guizot,. 10 janvier IS

inspiré par les libéraux et La Marguerite sous l'influence des réactionnaires. Il était d'ailleurs dans une crise d'affaissement, due en partie à sa mauvaise santé; ses collaborateurs se plaignaient de ne pouvoir obtenir de lui une décision catégorique. Il paraissait n'avoir le regard que tourné en lui-même. En réalité, il était outré des procédés autrichiens, inquiet de l'avenir où il prévoyait une guerre qu'il n'osait préparer, ébranlé par les arguments serrés des aristocrates libéraux qu'il recevait régulièrement et qui ne manquaient pas d'exciter sa juste susceptibilité de patriote. Trop intelligent pour ne point comprendre, il était trop timoré pour entreprendre : à lui aussi, une nouvelle secousse était nécessaire.

Le parti rétrograde était dans le désarroi, car les représentations de l'Autriche étaient faites sur un ton tel, qu'à y acquiescer, il eût été lui-même balayé. M. de la Marguerite, qui se sentait le bouc émissaire ^ de son troupeau, manifestait envers le cabinet de Vienne une indépendance nouvelle ; le vieux maréchal de La Tour se terrait, pris de rhumatismes ; les burgraves du parti guettaient une occasion, troubles de Pise, exagérations à Rome, pour crier à l'anarchie. Et à Gênes, de bonnes religieuses avaient introduit dans leurs prières un Ortmiis « pour que le ciel voulût bien éclairer la raison du Saint-Père et le préserver de l'hérésie " ».

Le parti libéral, au contraire, se développait avec une sûreté, une sagesse, une ampleur qui devaient assurer son succès. Un secrétaire de l'ambassade française, définissait en termes fort heureux l'action de Balbo, Cavour et leurs amis. « Les chefs du parti qui, depuis longtemps, cherche à se former

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