‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 136 sur 171 · Le baron de Bourgoing k M. Guizol, HO juin lS4ô · texte numérisé non relu

Le baron de Bourgoing k M. Guizol, HO juin lS4ô

France le 30 juillet 1846. A mesure que se développaient les réformes dans les Etats pontificaux, timides d'abord, plus précises ensuite, les deux partis politiques du Piémont prenaient position : les rétrogrades, exagérant les scènes de la rue à Rome, annonçaient une prochaine réaction du Saint- Père ; les modérés encourageaient Pie IX d'être entré dans une voie qui était la leur, où ils voulaient pousser leur roi, où ils espéraient que passeraient tous les princes à la suite de leur chef spirituel; car, réactionnaires ou progressistes, tous comprenaient que si les réformes s'affirmaient à Rome, « il serait bien difficile de résister au torrent et de s'opposer aux améliorations reconnues nécessaires dans l'intérêt de tous' ». Cavour suivait avec attention le cours des événements et écrivait dans le courant de l'été : « Les réformes du pape ont monté tous les esprits ". »

Un autre monarque absolu donnait à la même époque des institutions représentatives à son peuple ; Frédéric-Guillaume IV, roi de Prusse, prince sonore et grandiloquent, avait tant juré d'accorder les Chambres promises solennellement par son père, trente ans auparavant, qu'après six années d'invocations, prosopopées et appels au Très-Haut, il avait dû convoquer le Landtag uni^ Immédiatement le parti libéral du Piémont avait signalé cette initiative comme très louable, cet exemple du nord comme digne d'être suivi en Italie. Mais le roi Charles- Albert s'était montré rétif, et même avec plus de vigueur qu'à son ordinaire. « Le Roi de Prusse s'est volontairement mis une corde au cou, aurait-il déclaré à un confident; je désire qu'il s'en trouve bien, mais c'est

1. Le comte Mortier à M. Guizot, 22 mai, :23 juin 1847. Le baron de Bourgoing à M. Guizot, 'J août 1847.

Page 1