Lettres patentes du 3 février
Cavouk. — I. 20
à mon avis une imprudence qu'un souverain ne doit pas imiter \ »
Presque à la même époque, un coup de force de l'Autriche, l'annexion de Cracovie', avait déterminé en Piémont une explosion de colère et de crainte ; car on se demandait si le même sort n'était point réservé aux Etats secondaires de l'Italie qui oseraient espérer Tin dépendance italienne et rêver la liberté de leurs institutions^. La haine nationale contre l'Autriche était à nouveau surexcitée.
Enfin, sur les confins même de la monarchie piémontaise, les révolutions de la Suisse, les combats fratricides du Sonderbund*, mettaient en conflit deux idées, deux tendances, deux partis. Cette lutte soulevait les passions au sud des Alpes, car les cléricaux appuyaient les sept cantons catholiques de tous leurs vœux comme de tout leur argent ; et les hommes de progrès à Turin, quoique effarouchés par le radicalisme de la Diète fédérale, désiraient son succès, parce^ qu'elle combattait les Jésuites et que le libéralisme en Suisse et en Italie avaient un même ennemi, l'Autriche. « Les gens les plus modérés, écrivait Cavour un peu plus tard, désirent le triomphe de la Diète par haine des Révérends Pères. C'est absurde, mais c'est ainsi ". »
Dans le parti libéral du Piémont, depuis les plus modérés avec Cavour ou Balbo, jusqu'aux plus avancés, presque radicaux, tels que Valerio ou Brofferio, tout était commenté et exploité au profit de ce programme : renaissance de
i. Le comte Mortier à M. Guizot, 25 juin 1847.