‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 138 sur 171 · Cavour à Auguste de La Rive, 22 novembre · texte numérisé non relu

Cavour à Auguste de La Rive, 22 novembre

l'Italie par l'expulsion des barbares, adoption d'un régime de libertés politiques.

Gavour avait suivi avec une attention un peu désabusée le cour de ces événements et le développement d'un parti dont il n'était encore qu'un simple lieutenant. En 1846 il avait publié le célèbre article sur les chemins de fer, en 1847 celui sur l'influence de la politique commerciale anglaise qu'il terminait en invoquant l'Italie nostra patria ^ En constatant la fortune du libéralisme national, il pouvait s'en réjouir comme d'un succès personnel. Mais, à ce moment, sa jeune carrière politique semblait gravement compromise : quelles étaient donc les causes de son impopularité ? il est assez difficile de préciser en telle matière, car la faveur du peuple souvent varie, bien fol est qui s'y fie; ici, plusieurs raisons se juxtaposaient ; Gavour était — ou semblait — alors à l'extrême droite du parti libéral ; sa lutte à l'Association agraire contre Valerio l'avait mis, plus peut-être qu'il n'aurait voulu, dans le camp des aristocrates, en opposition avec les démocrates ; on se souvenait que son père était une des forces du parti réactionnaire; en juin 1847, le marquis Gavour avait dû résigner ses fonctions de vicaire de Turin, et, aux critiques professionnelles on avait ajouté le reproche, injustifié semble-t-il, qu'il « avait souci de ses propres intérêts plus que de ceux de la ville' » ; de cette calomnie, quelque ■chose retombait sur son fils qui était en train de réaliser une fortune autant par ses habiles spéculations que par ses succès agricoles : l'homme politique ne doit point donner

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