‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 139 sur 171 · Chiala. Leilere di Cavour, t. I, préface, p · texte numérisé non relu

Chiala. Leilere di Cavour, t. I, préface, p

prise au soupçon de gagner sur la hausse des céréales et du bétail, indispensables à la vie publique ; on raillait ses théories d'économiste, destinées, disait-on, à couvrir d'un pavillon d'honnêteté ses entreprises d'accaparement, et lors du passage à Turin de Cobden, accueilli et comme piloté par les deux frères Gavour, on avait murmuré : « Voilà la Hberté du commerce gardée par le monopole ^ » ; on critiquait même la vie privée de Camille, qui n'avait point été irréprochable, son caractère enjoué et sceptique, qui n'était point celui d'un doctrinaire gourmé. Bref, l'impopularité majeure.

Cavour en souffrait, plus qu'il n'en voulait convenir. Sans doute, il ne se désintéressait pas des affaires pubhques, surtout dans leur côté économique et financier : un cours d'économie poHtique avait été fondé à l'Université de Turin, et sa création même paraissait un « notable événement, un signe du progrès hbéraP » ; la chaire avait été confiée à un jeune professeur napolitain, Scialoia, qui était de la même école que Cavour; celui-ci ne manqua point d'assister aux leçons et d'y donner le signal des applaudissements. Le père du libreéchange en Angleterre, Cobden, étant de voyage en Italie, s'arrêta quelques jours à Turin (mai 1847) ; Cavour et Scialoia se donnèrent grand mal pour lui préparer une réception enthousiaste, avec visite de l'Université, des associations, et, naturellement un banquet avec discours nombreux. Camille trouva l'illustre Anglais « d'un bon sens parfait et d'un esprit très fin et très adroit», et, au festin, lui décocha ce toast charmant : « De loin on vous admire, de près on vous aime. » « De mon discours, ajoutait-il, je me suis lire tant bien que maP. » Mais ce n'était là que les amuse-

i. Filippo de Boni, dans la Cronaca, imprimée à Lausanne, mai 1847.

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