‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 140 sur 171 · Cavour à Emile de La Rfie, -6 mai · texte numérisé non relu

Cavour à Emile de La Rfie, -6 mai

ments de la politique et Gavour, qui ne s'en contentait pas, se croyait écarté à jamais des réalités. Depuis ses mésaventures électorales il n'intervenait que rarement aux réunions de l'Association agraire. Il évitait même de trop discuter avec ses cousins de Genève sur les affaires suisses, car il avait constaté, soit par leurs lettres, soit lors d'un court séjour à Présinge en juillet 1847, combien ses opinions différaient des leurs; les de La Rive, d'un libéralisme très modéré, voire conservateur, avaient horreur de la Diète, dont Gavour approuvait l'action anticléricale \

Découragé, il annonçait qu'il ne voulait plus s'occuper que d'agriculture et d'affaires. « Quant à la politique, ajoutait-il familièrement, je m'en bats l'œil. Pendant longtemps j'ai pris la chose au sérieux ; il en est résulté que les ultras m'ont accusé de radicalisme et les radicaux d'ultraïsme ; je me suis trouvé un beau jour honni par les deux partis. Sur ce, je suis venu à Léri renonçant à la folle idée de jouer un rôle dans ce bas monde, sur le théâtre de la politique-. »

Il prolongeait ses séjours à Léri, toujours en souci de quelque nouvel aménagement des eaux, de quelque amodiation plus productive de ses terres, de quelque machine agricole et sa correspondance à ce sujet se multipliait avec l'habile ingénieur Rocco Golli. « Je crois, mandait-il à son jeune cousin W. de La Rive, que l'agriculture chez nous est encore dans les langes, et qu'il y a des prodiges à opérer pour ceux qui sauront unir la science à l'industrie ^ » G'est ce qu'il faisait dans ses terres, et avec un plein succès : il

1. Sur les jugements de Gavour dans les questions suisses, Ruffini. Giovinezza di Cavour, t. II, p. 359 et suiv.

2. Cavour à Emile de La Riic, 26 septembre 1847. Cpr. à L. Costa de Beauregard, octobre 1847.

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