Le baron de Bourgoing à M. Guizot, 17 septembre
Cavour dans une lettre d'affaires à son banquier génois \ De fait, les manifestations étaient politiques autant que patriotiques : convaincu que l'on n'arriverait à l'indépendance et à l'unité nationales que par la liberté, le peuple piémontais désirait que le gouvernement commençât par des réformes profondes dans l'organisation du pays, seules capables, selon lui, de donner au royaume Fascendant et la force nécessaires pour réaliser de plus grands projets. Et c'était bien raisonné ; et c'est ce qui advint. Dans son « coin » de Léri, où il « ne songeait qu'à retirer du riz et du maïs », Cavour estimait « qu'on ne peut se résigner à rester en arrière de Rome et de la Toscane, après les démonstrations qui ont eu lieu à Casale et dans d'autres circonstances- ». Longtemps le roi avait pensé autrement et Balbo qui le connaissait bien, écrivait qu' « il était d'une ardeur sans égale pour Taffranchissement de l'Italie, mais qu'il ne se sentait pour la liberté qu'une affection relative^». Mais déjà il était ébranlé, et pensait à octroyer à son peuple mieux que de simples lettres privées. Telle était, en cette fin de septembre 1847, la situation faite en Piémont par l'occupation de Ferrare : loin de s'apaiser, l'émotion qui en était née allait croissant, « les symptômes d'agitation se multipliaient » dans le royaume et les diplomates ne s'y sont pas trompés lorsque, quelques mois plus tard, ils attribuaient au coup de force autrichien la cause originale de la transformation qui s'est si rapidement faite dans le Piémont, dans l'Italie entière *. D'autres incidents allaient entretenir le feu sacré.