‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 144 sur 171 · Baron d'Andréa M. Guizot, 4 janvier · texte numérisé non relu

Baron d'Andréa M. Guizot, 4 janvier

316 GAVOUR

Chaque soir, sous le beau ciel de Turin, des jeunes gens, de petits bourgeois avec leurs familles, se réunissaient sur la promenade des anciens remparts pour y chanter en chœur l'hymne à Pie IX et acclamer le roi : et quand leur gorge était lasse, ils s'en allaient coucher. Le 1" octobre 1847, veille de l'anniversaire de Charles-Albert, la manifestation se fit un peu plus animée et plus nombreuse ; on cria : « Vive le roi, vive Pie IX, yive les Lucquois '■ , vive Tltalie et à bas les Jésuites. » Les manifestants, pour rentrer en ville, se dirigèrent vers l'hôtel du ministre d'Autriche, suivis naturellement d'une quantité de badauds; la police fit un barrage, assez maladroitement; la foule pressant sur les agents, on fit intervenir des carabiniers, et un peloton de soldats qui distribuèrent avec une générosité excessive force coups de plat de sabre et de crosse de fusils ; la foule se dispersa à grands cris, laissant sur le champ de bataille une belle collection de chapeaux et de bonnets ; les sbires arrêtèrent quelques manifestants, qu'il fallut bien relâcher le lendemain. Bref, un peu d'ardeur des patriotes, beaucoup de maladresse et de brutalité de la poUcc, tel était le bilan de la soirée.

L'opinion publique, déjà excitée par ailleurs, s'émut, s'irrita, reporta sur le roi la faute de sa police, et le 2 octobre aucune acclamation ne fut poussée en l'honneur du souverain, ainsi qu'il eût convenu pour sa fête ; bien mieux, on fredonnait une chanson composée dans la nuit même par le jeune Carbone, où, représentant le roi entre ses deux ministres

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