‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 151 sur 171 · Cavour à Giovanetli, 1^ novembre · texte numérisé non relu

Cavour à Giovanetli, 1^ novembre

favorables et s'imposer les premiers à l'attention publique . Ainsi durent-ils tout improviser en quelques jours, et leur succès est dû à leur activité.

Leur programme se trouvait dans leurs écrits précédents et Balbo n'avait qu'à en résumer les grandes lignes; mais deux difficultés se dressaient devant eux, la question d'argent, l'organisation des services : à les résoudre, Cavour employa toute son expérience d'homme rompu aux grandes affaires.

Les fonds nécessaires pouvaient, heureusement, être réunis sans trop de mal, car le groupe appartenait à un monde fortuné et chacun de ses membres avait des relations étendues. Sur le conseil de Cavour, on décida la fondation d'une société au capital de cent millelires, divisé en actions de deux centslires. « Ainsi, écrivait Cavour, nous sommes certains de surmonter les premières difficultés qu'une telle entreprise doit nécessairement rencontrer en ses débuts. Je crois que nous n'aurons point de peine à placer en bonnes mains nos cinq cents actions \ » Et lui-même en prend un paquet à son compte, écrit à ses amis pour qu'ils souscrivent, et charge son banquier de Turin, Emile de La Rue, de se faire le « démarcheur » du journal. Aux bulletins de souscription est joint un programme, qui n'est autre chose que la récente brochure de Balbo tailladée en raccourci . Et Cavour glisse à ses intimes : « Adressez-vous surtout et uniquement aux gens de l'opinion modérée. Dites-leur à demi voix qu'il s'agit de combattre l'influence d'un journal exagéré, la Concordia, et qu'il est de la plus grande importance de s'organiser promptement... On intrigue beaucoup contre nous. La médisance et la calomnie vont leur train ■. »

Page 1