Cavour à Emile de La Riie, 18 novembre
politique est pour le moins aussi difficile que l'organisation d'une province ^ » Mais, à tout il donnait solution. Il fallait obtenir l'autorisation du ministre de l'Intérieur : il Ta, sans grande difficulté d'ailleurs ; — trouver une imprimerie, capable d'un tirage prompt et sûr : on s'adressa à la typographie Cotta et Pavesio ; — installer des bureaux, avec une permanence, « l'office du journal est ouvert de 10 heures du matin à 2 heures de l'après-midi » ; — trouver des amateurs pour les annonces et insertions, car il n'existait point de courtier de publicité ; comme prix, on se contentera de peu, quinze centimes la ligne ; — enfin grouper des rédacteurs ; et c'était plus difficile ; car les hommes ne manquaient point dans le parti, mais beaucoup étaient des amateurs, incapables d'un travail suivi, rebelles aussi à toute discipline d'un parti, écrivant à leur heure et à leur gré, peut-être excellents publicistes, mais point journalistes. Balbo et Cavour firent donc leur choix. « Les collaborateurs du journal sont peu nombreux, écrivait celui-ci, Balbo fera tous ou quasi tous les articles politiques. Il en a contracté l'obligation formelle avec moi. Je dirigerai la politique extérieure. Santa-Rosa, Galvagno, Cassinis, Boncompagni traiteront les questions générales"'. » Tel sera le cadre normal de rédaction et le comité tient sa première réunion le 30 novembre dans la maison du comte Rio-non. Mais en outre, il est nécessaire de trouver des correspondants de province et de l'étranger, puis des collaborateurs exceptionnels : Cavour écrit à ses amis, il en a partout, et pour ajouter au grand nom de Balbo le grand nom de Maxime d'Azeglio, il relance le poète qui de Rome répond par des promesses un peu vagues', mais que Cavour tient pour des réa-