Gavour à Emile de La Riie, 23 et 27 décembre
prise avec témérité '. » Qu'importent ces défectuosités ; on y palliera ; et en avant. « Nous commençons les feux lundi prochain. Dieu nous soit en aide '. »
Tant de travail et de confiance méritaient le succès : il arriva sans tarder. Le Risorgimento était désormais lancé, il eut une belle carrière, et sous l'impulsion de Cavour, qui en conserva la direction jusqu'au jour de son entrée au ministère, il conserva sa ligne de conduite avec un remarquable esprit de suite : en la forme, une modération parfaite, une politesse de style et de pensée, un mépris de toute exagération, de droite comme de gauche % qui ne se démentirent jamais ; on a parfois raillé ces qualités de bonne compagnie ; c'était le journal des aristocrates qui désiraient « une constitution aimable en conservant intacts leurs anciens parchemins », ont dit avec quelque dédain leurs adversaires de gauche * ; c'était surtout l'organe de ceux qui avaient foi dans la liberté et dans le progrès ; jour après jour, avec une tenace persévérance, le Risorgimento demanda de nouvelles réformes dans le pays, plus de fermeté dans la politique extérieure, et chaque succès ne lui paraissait qu'un encouragement à en rechercher d'autres. Quelle fut son influence réelle ? il est assez difficile de le dire ; peut-être le Risorgimento ne portait-il guère sur le gros public, le mdgum pecus^ habitué à des arguments plus sonores. Mais sur les classes éclairées, son action fut incontestable, et il est très significatif de constater quje le groupe du journal fournit à l'Etat piémontais son premier Président du Conseil, Balbo ; son plus héroïque, Massimo d^'Azeglio ; son plus grand, Cavour.