‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 159 sur 171 · Lo l)aron d André à M. Guizot. 10 janvier 134S · texte numérisé non relu

Lo l)aron d André à M. Guizot. 10 janvier 134S

vernement avec les véritables intérêts du pays ^ ». Un ami se chargea de remettre ces documents à Charles-Albert.

Aucune réponse ne vint, et Cavour n'en attendait p®int. Mais il sut que le monarque avait reçu et lu les pièces, car peu de jours après, s'entretenant avec le marquis d'Azeglio, et faisant certainement allusion aux réunions tenues sous la présidence de celui-ci, le roi déclara avec force : « Marquis d'Azeglio, je veux comme vous l'affranchissement de l'Italie, et c'est pour cela, rappelez-vous bien , que je ne donnerai iamais une Constitution à mon peuple. »

« Il ne faut jamais dire jamais », a dit un homme d'Etat sceptique; Charles-Albert allait donner, à bref délai, un argument à l'appui de cet aphorisme en promettant et accordant une constitution. 11 est vrai qu'il ne le fit que sur l'exemple du plus despotique des monarques italiens, Ferdinand, roi des Deux Siciles.

La révolution de Sicile s'était étendue de l'île sur le continent : le 23 janvier, elle était maîtresse dans la province de Salerne, déjà les insurgés s'avançaient sur la capitale et Naples se mit en mouvement le 27 janvier. Dans la rue de Tolède et les ruelles grouillantes, le peuple réclamait à grands cris la Constitution, — sans savoir très bien de quoi il s'agissait. Le roi consulta ses généraux qui lui répondirent que leurs troupes tenaient essentiellement à ne point se battre contre la population, et sur-le-champ il céda, aussi prompt à accorder une constitution que décidé à la répudier au jour propice.

Dans l'Italie entière, l'émotion fut profonde ; nulle part plus qu'en Piémont. « Ce soir, illumination générale, écrivait la marquise d'Azeglio le 1" février, et on criera vivent tous les

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