‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 163 sur 171 · Le baron d"André à M. Guizot, 12 février · texte numérisé non relu

Le baron d"André à M. Guizot, 12 février

3. Déclaration du comte de Saint-Marsan à l'ambassadeur de France. M. de Bacourt à M. Guizot, 25 février.

Cavoor. — I. 23

la fin étail inévitable. Quelle puissance viendrait à la rescousse de la maison de Savoie ? point la France, empêtrée dans ses difficultés intérieures et qui d'ailleurs donnait des conseils ressemblant à des admonestations '■; point la Russie, si mécontente que le Risorgimento ayant quelque peu égratigné le tzar, le ministre de Russie, « qui se promettait de saisir la première occasion », fit passer au gouvernement sarde une note de hautaine protestation - ; l'Angleterre ? peutêtre, et déjà, par un mouvement instinctif, la foule se portait devant la légation anglaise pour acclamer la politique de Palmerston dans les affaires d'Italie ; mais la Grande-Rretagne est loin, lente à se mettre en campagne, et le péril pouvait éclater brusquement. « La seule question dangereuse, écrivait Gavour, la seule qui m'inspire de graves préoccupations, c'est la question extérieure. La haine contre TAi;triche, le désir d'affranchir l'ItaUe de toute domination étrangère augmentent chaque jour... L'Autriche fait tout ce qu'elle peut pour seconder le développement de ces sentiments populaires... Elle cherche à irriter et à exaspérer le sentiment populaire pour amener une conflagration''. » Et le ministre des Affaires étrangères disait presque en mêmes termes au nouvel ambassadeur de France : « S'il survient, prochainement, quelque catastrophe en Italie, c'est TAutriche qui devra être accusée de l'avoir provoquée par sa conduite passée et actuelle*. » Très discrètement et prudemment, le ministre de la Guerre glissait quelques troupes vers la frontière et mettait en état ses forteresses orientales.

1. Note de M. Giiizot à .M. de Bacourt du 19 février, cojnmuniquée par celui-ci à M. de Saint-Marsan le 25.

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