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Cavour, — I. 5
et les autres sur leurs véritables intérêts, empêcher l'écoulement du sang.
« Sans la civilisation, tout arbitrage serait impossible, La Sainte-Alliance n'a pu subsister quoique un intérêt général liât les souverains entre eux. Un simple pacte fédéral maintient unis vingt-deux Etats séparés par des immenses distances, a3'ant des religions différentes et des mœurs peu analogues. Mais dans ce dernier cas, la civilisation, les lumières, qui font connaître aux peuples leurs véritables intérêts, cimentent une union qui ne pourrait exister par aucune autre cause... La Diète germanique a-t-elle empêché les guerres qui ont ensanglanté l'Allemagne pendant bien des siècles? Un sj'stème fédératif, sur quelque échelle qu'il soit fondé, et quelques soient les liens qui le constituent, ne peut exister, s'il n'a pour base un intérêt commun, si les peuples ne possèdent pas un haut degré de civihsation qui les mette à même de bien entendre ce qui leur convient davantage. Or il me paraît que ce n'est point le cas de l'Europe.
« Si l'arbitrage tel que vous le désirez était admis, voici ce qu'il en résulterait à mon avis. Les gouvernements, ennemis des lumières et des théories modernes, sont numériquement les plus forts, il s'en suivrait que les décisions du congrès seraient toutes empreintes de l'odieuse politique de Metternich, qu'elles nuiraient toutes à la cause de la civilisation. »
Et toute la lettre se résume dans cette phrase : « Civilisezvous, instruisez-vous et vous serez délivrés du fléau de la guerre ; voilà ce qu'il ne faut cesser de répéter aux peuples \ »
Horreur de l'absolutisme, respect de la culture intellectuelle, amélioration des peuples par leur instruction, la paix par la