Cité, mais en traduction italienne, par Berti, p
orthodoxe, il lui restait un déisme à la manière du xviii* siècle, un besoin d'un Etre suprême, un appel à une justice divine.
Tout Técarlait du milieu familial, sauf Taffection. qui demeurait grande. Tout le rapprochait de la vie intellectuelle de Genève : les lettres de son oncle, de ses cousines, apportaient comme des rayons de soleil dans son étroite vallée de la Doire. En été, il obtint un congé de trois mois à passer à Genève.
Il commença par visiter les montagnes qui entourent Modane, franchit lescolsde la Yanoise, de la Rouge, d'Aussois, passa à Moutiers chez le gouverneur de la Savoie, rejoignit son frère à Chambéry et se rendit avec lui chez leur tante, la duchesse de Clermont- Tonnerre'. Il y passa six semaines dexquise détente. Tout l'enchantait, après ses longs mois de solitude. « Me voici au Bocage au milieu des personnes les plus aimables et les plus chères -. » Et sous les couleurs les plus riantes, il décrit la villa « toute délicieuse et pleine de confort », ses parents, ses quatre cousines, toutes admiratrices de leur pétillant cousin. La politique ne perd point sa place : le soir on combat avec le comte d'Auzers, « chevalier errant au service des gouvernements absolus^ » ; on discute les sujets préférés de l'oncle de Sellon, la suppression de la peine capitale, la paix universelle ; on aflirme une foi tenace dans le progrès delà civilisation, car « l'esprit humain est en marche, et malgré les vains efforts des ignorants et des méchants il continue à avancer d'un pas ferme '. » Bien souvent, à l'aube, «
1. Cavour à William Brockedon, 4 septembre 1829, Chiala V. p. 4.
2. Cavour à sa mère, 4 septembre, à sa grand'mère, 16 octobre 1829.
3. « Pauvre d'Auzers, écrivait Camille à son oncle Sello» quelques mois plus tard, rien de ce qui est nobI(' c( gcnértMix n'est plus capable de l'émouvoir. »