‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 36 sur 171 · Rapporté par Cliiala, lellere di Cavour, t. I, p. i;j · texte numérisé non relu

Rapporté par Cliiala, lellere di Cavour, t. I, p. i;j

LES TEMPS DIFFICILES dOl

son ancien page. « Des deux Gavour, disait -il à son secrétaire, l'aîné est très médiocre, le second un carbonaro impertinente »

Révolutionnaire ? nullement, et Charles- Albert le connaissait bien mal. Toute exagération choquait un esprit remarquablement pondéré chez un jeune homme de vingt-deux ans que l'insuccès, les persécutions mesquines auraient pu porter à l'extrême opposition. Carbonaro pour la cour, peut-être même pour sa propre famille, il paraissait un modéré aux révolutionnaires. Une formule, alors à la mode, se retrouve souvent sous sa plume et s'applique exactement à sa situation: le juste milieu. Dans une lettre qu'il écrivait vers cette époque à son cousin Auguste de La Rive'", il s'opposait à ses amis des partis extrêmes et se définissait lui-même avec une rare précision : (( Parmi mes amis et les connaissances qui m'entourent.,., les uns modérés réformateurs se sont jetés à corps perdu dans le mouvement, ne se contentent plus maintenant de rien que d'un bouleversement complet; d'autres de la même nuance ont reculé tout effrayés, vers l'ultraïsme ; des personnes qui auraient été enchantées des concessions raisonnables, veulent maintenant la République, et quelques autres, qui ne craignaient que trop de précipitation dans les réformes, sont reculées jusqu'au siècle de Louis XIV, évoquant le souvenir du grand Roi, pour gouverner les peuples du XIX* siècle. Quant à moi j'ai été longtemps indécis au milieu de ces mouvements en sens contraire. La raison me retenait vers la modération ; l'envie démesurée de faire marcher nos reculeurs me rejetait vers le mouvement ; enfin, après de nombreuses et violentes agitations et oscillations,

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