Diario, p
il la rejoint, plaisante, piaffe, s'anime, ravi « d'une coquetterie charmante », prêt à la suivre... où elle voudra. Et tes aventures ne lui manquèrent pomt.
La douce et mélancolique Inconnue ' avait disparu de son existence depuis près de quatre années, habitant Milan où elle avait éprouvé « de longs malheurs », vivant « dans un état continu de souffrance et de maladie » ; et Cavour confessait que s'il « conservait d'elle un tendre et pénible souvenir..., à vrai dire, il ne restait plus dans son cœur pour elle des sentiments d'amour et de passion. » 11 n'ajoutait pas qu'il s'était fréquemment consolé par ailleurs. Et soudain le 5 juillet 1834 il reçoit à Santena un petit billet de cette écriture bien connue, qui lui apprend qu'elle est arrivée à Turin et désire le revoir. Il accourt, il la trouve au théâtre, entourée d'importuns. « Enfin nous restâmes un moment seuls, raconte Cavour. Hélas! l'abondance des choses que nous avions à nous dire étouffa la parole dans nos gorges ; après un long silence, elle me dit : « Qu'avez-vous pensé de moi ? » « Ce que j'ai pensé, ai-je répondu, pouvez- vous me le demander ? Vous avez bien souffert ?» — « Ai-je souftert ? Oh oui, j'ai bien souffert ! » Voilà les seuls mots dont {sic) je me rappelle... Je la quittai ce soir-là plein d'espérances, d'amour, de regrets et de remords". » Et ce fut pendant quelques jours entre eux un renouveau d'amour, passionné chez elle surtout, car il filait en même temps avec une autre, une intrigue assez banale. A nouveau séparés, la correspondance continua de tendres relations, et là encore, pour employer une expression de Cavour lui-même, c'est la femme qui aima le mieux. Les lettres de la marquise Giustiniani sont d'une exquise délicatesse en même temps que d'un amour