‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 39 sur 171 · Berti. Il conte di Cavour, p. 165 et suiv · texte numérisé non relu

Berti. Il conte di Cavour, p. 165 et suiv

vibrant. Elle s'était donnée à son ami, et. sans remords comme sans espérance, elle ne s'était jamais reprise. « Je suis à toi, comprends-tu bien, à toi, Camille, âme de ma vie. Et c'est mon bonheur, c'est tout ce que je pouvais rêver de plus beau, de plus brillant. En retour, ô Camille, je ne te demande rien. Suis seulement l'impression de ton cœur, puisse-t-elle te guider vers ta constante amie. » Le temps, l'éloignement les séparèrent à nouveau ; la santé de la marquise s'était altérée, elle se savait condamnée et écrivait encore à son ami des lettres passionnées. On a déjà cité la dernière, qui était comme un soupir d'amour et de mort'.

Ce roman n'était, il faut le reconnaître, qu'un incident dans la vie de Cavour, s'il était la vie même de la marquise. Parfois il « se prenait à regretter que sa balourdise et de malheureuses circonstances l'eussent empêché de former avec cette femme douce et aimable une liaison qui aurait jeté tant de charme sur sa triste et monotone existence ». Mais elle était mariée, mère de famille, et il avait vingt-quatre ans. Même lors de leur revoir en 1834, leurs amours étaient sans espérances. « Ce qui se passe entre elle et moi est triste », confiait-il à son Diario\ Et sa « triste et monotone existence » continuait, avec ses perpétuelles discussions de famille.

A la suite d'une de ces pénibles querelles, le marquis Cavour lui avait adressé une vive admonestation qui n'était point imméritée. Le jeune homme pleura, de rage et d'humiliation, déclara qu'il était « dur de s'entendre reprocher la maigre pitance qu'on lui donnait, et l'inutilité de sa vie lorsque tous les chemins... lui étaient hermétiquement fermés », et il avait raison, ses torts provenaient de son oisiveté. Le père le comprit ainsi, embrassa son fils « et lui

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