Diario, 13 février 1834, p
le jugement, recherche d'une évolution plutôt que d'une révolution. Ces belles qualités, il n'en faisait guère montre dans sa famille, où il apparaissait surtout comme un grinchu, un mécontent, dont on redoutait toujours quelque incartade, en ce temps de perquisitions et d'arrestations où la prudence était de rigueur. Alarmé sur les fâcheuses dispositions de son fils, sur son triste état d'âme, aurait-on dit alors, le vieux marquis Cavour cherchait qu'en faire, pensait à lui confier la gestion d'une de ses terres, à solliciter pour lui le fermage d'un domaine royal, ne pouvant obtenir une fonction d'Etat pour un tel suspect. Mais, en dernière analyse, il pensa qu'un long voyage en France et en Angleterre assouplirait ce jeune indépendant, peut-être aussi l'éloignerait utilement du Piémont où la police était curieuse et exigeante. L'idée était excellente. Quelques mois de voyage façonnèrent définitivement l'âme du jeune Cavour.