‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 51 sur 171 · Berti. Cavour avanli il iS4S, p. :iOl et suiv · texte numérisé non relu

Berti. Cavour avanli il iS4S, p. :iOl et suiv

2. Cavour à Auguste de La Rive, 31 mars 1833. Chialo, Leltere, V, p. 40. à. Cavour à Brockedon, 7 janvier 183d. Chiala, Lellere, V, p. 32.

le pri\ilège et l'honneur de la petite république ; la dignité de son attitude dans la crise de 1834, la manière tout ensemble ferme et libérale avec laquelle elle avait garanti sa stricte impartialité et son indépendance attaquée par les puissances réactionnaires, la lui rendaient plus chère encore. Dans une lettre de cette époque, faisant l'éloge du juste milieu, qui était sa doctrine pohtique, il ajoutait : « Genève, quoique république, est éminemment juste milieu, soit dans ses théories, soit en pratique ; aussi les choses y vont admirablement bien . Au milieu des secousses et des perturbations qui agitent FEurope entière depuis bientôt cinq ans, Genève, ce pa3''S de liberté et d'égalité, jouit de la paix et delà tranquillité la plus parfaite, que de sages concessions faites à temps et une résistance énergique opposée aux fauteurs de troubles lui ont assurées \ » Et, profitant du droit de libre critique que possède tout cito3'en genevois, même occasionnel, il entamait de vi\-es discussions avec ses tantes, la duchesse de Clermont- Tonnerre et la baronne d'Auzers, qui représentaient la fraction cléricale de la famille et soupiraient, pour le faire bondir : « Camille s'occupe avec ardeur d'économie politique, science erronée, qui fausse l'esprit et n'est d'aucune utilité" ».

Son travail sur les pauvres en Angleterre était connu et apprécié des philanthropes genevois et lui assurait déjà une notoriété de bon aioi. Il comptait d'ailleurs le développer, se renseignait sur la situation des classes ouvrières, se faisait donner des lettres de recommandation pour les spécialistes de F'rance et d'Angleterre. Il passait ses après-midi aux cours de l'Académie ; tout l'y intéressait : l'économie politique enseignée par M. Gherbuhez, savant homme, ne manquant

1. Cavour à l'abbé Frézet, 14 janvier 1835, de Genève. Rufïïni. La gio' vinezza di Cavour, I, p. 247.

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