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3. Taine. Les philosophes français du XIX" siècle, !'• éd. (ISiiT), p. 198.
s'est acquitté, continue son auditeur, de cette tâche difficile avec une singulière habileté ; il a su rendre intelligible et claire l'obscure théorie du philosophe allemand ; il a su mettre à la portée d'un ignorant comme moi ce système hérissé de difficultés métaphysiques et enveloppé de nuages spiritualistes. » Séduit par tant de clarté et de noblesse, Gavour retourna au cours de Joufîroy ; il avait appris ainsi le chemin du plus noble quartier de Paris ; à chaque voyage, il y revint ; par là, il est jugé ; l'intelligence du voyageur à Paris se mesure au nombre d'heures passées sur la butte sacrée, qui est celle de la rive gauche.
En même temps, fidèle aux conseils de son père, il courait les hôpitaux ^ les écoles et conformément aux enseignements de son oncle il visitait les prisons ; c'est le propre vainqueur du concours Sellon sur le système répressif en 1827, A. Lucas ^, qui le menait dans les établissements qu'il inspectait pour le ministère de l'Intérieur, et Gavour se promettait de livrer à son oncle de Sellon ses impressions sur le régime pénitentiaire comparé en France, en Angleterre et en Belgique.
D'autres visites, plus aimables, venaient à temps pour le distraire ; les monuments de la capitale « dont la beauté surpassait son attente », et le faisait s'écrier : « Paris, depuis les Tuileries jusqu'à l'Arc de Triomphe de FEloile, est la plus belle ville du monde » ; — les théâtres, les Français, surtout l'Opéra italien où il était sous un tel charme
1. « Je désire, lui écrivait son p^re, que tu étudies à bien connaître les hôpitaux. Sa Majesté me demande des renseignements de tes visites à Paris, particulièrement sur ce point. La reine elle-même en parle à ta mère. » Berti. Cavour avaiiti il 1B4S, p. 217. Je ne suis pas sur que les visites de Gavour à Paris, de ce chef et de tous autres, ne fussent indifférentes à Gharles-Albert, l'essentiel était que ce mauvais sujet ne fût point à Turin.