‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 56 sur 171 · Supra, p. Cl · texte numérisé non relu

Supra, p. Cl

d'une représentation des Puritains, avec les meilleurs artistes^du temps, qu'il écrivait à un ami « de se hâter de partir pour venir l'entendre ; il en est temps encore ; s'il laisse échapper cette occasion, qu'il v renonce, car certes, on ne trouvera jamais plus réuni, en fait d'hommes, des chanteurs de la force de ceux des Italiens cette année, dans un opéra où la musique soit si parfaitement adaptée à leur voix et à leur talent ' ». Chose singuhère, du Louvre, mot : peutêtre simple lacune dans la correspondance publiée ".

Et surtout, il fréquentait les salons, en vrai mondain qu'il fut toujours. Mais, s'il ne craignait point d'aller « au bal danser », comme disait la chanson du temps, il préférait les salons politiques, où voir, connaître, pénétrer les hommes du jour. On sait le nombre et l'influence des salons politiques sous la monarchie de Juillet ; Cavour en visitait de deux nuances, chez les ultras et dans le parti du juste milieu. Par son oncle Clermont-Tonnerre, il avait entrée dans les hôtels les plus aristocratiques, car lui-même était de vieille race et pouvait montrer plus de quartiers de noblesse que maints de ses hôtes ; mais là, il s'ennuyait, car on dormait. Il n'est brocards dont il ne couvre ces « carlistes », retardataires, fanatiques. Il préférait les salons où, comme sur un terrain neutre, fréquentaient les gens de divers partis, forniant par leur contraste un piquant ensemble ; il allait chez la comtesse de Circourt-Klustine, aux lundis de la duchesse d'Abrantès, qui recevait « des célébrités de tous les genres et des débris de tous les régimes », parce que née de Saint-Martin Pcnnion dans un vieil hôtel du quai Conti, descendante par sa mère de la famille impériale des Comnène, elle avait épousé le

Page 1