M. de Chasteau à l'amiral de Rigny, 14 février
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d'affaires à Madrid, il était depuis peu ministre à N'ienne et y avait pris, de Metternich, sa suprême leçon de diplomatie. Il avait la réputation d'un esprit étroit et méticuleux, sans fixité dans les idées, ayant « des opinions d'absolutisme et de fanatisme religieux ». Il était et demeura sous linfluence du parti iiltramontain, de ce qu'on appelait alors la « Congrégation », et, à parcourir son mémorandum', on est frappé de limportance qu'y prennent les questions religieuses : privilèges ecclésiastiques, édits contre l'hérésie, établissements de nouveaux monastères. Son action dans le pays était toute de réaction. « Tous les jours, écrivait le chargé d affaires français, les bons serviteurs du Roi, les gens éclairés et sincèrement attachés à ileur pays, se sentent découragés de la marche que Ton suit, des hommes que Ton emploie et désespèrent de voir le gouvernement sarde ne se livrer à aucune amélioration-. » A l'extérieur, même politique : conserver, en apparence, de bonnes relations avec la France; gouverner, on réalité, sous l'influence des trois puissances d'autorité, de TAutriche spécialement, et combattre le libéralisme partout où il se rencontrait : en Suisse, en Portugal, en Espagne surtout.
Le gouvernement de la reine-régente Marie-Christine tentait d'introduire en Espagne un gouvernement constitutionnel et le premier ministre, Martinez de la Rosa, avait fait promulguer, le 10 juillet 1834, un statut royal inspiré de la Charte française de 1830, avec un Parlement à deux Chambres et toute l'organisation d'un régime représentatif. Pour le comte de la Marguerite, c'était œuvre infernale, et il tenait, avec Metternich, « la reine Isabelle pourla Révolution incarnée