‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 66 sur 171 · M. de Chasleau au duc do Broglie, 27 mars · texte numérisé non relu

M. de Chasleau au duc do Broglie, 27 mars

dans la forme la plus dangereuse; don Carlos représente le principe monarchique aux prises avec la Révolution pure. La question ainsi posée est claire^ ». Si claire, que les agents piémontais avaient ordre de combattre le gouvernement régulier, de favoriser les menées carlistes. Le consul sarde à Barcelone alla un peu fort, et le gouvernement espagnol, se fâchant, fit procéder à son arrestation ; on trouva à son domicile des papiers compromettants pour le secrétaire d'Etat de l'Intérieur en Piémont, M. de Lescarène ; le roi Charles- Albert montra en cette occasion de la décision-, releva le maladroit ministre et le remplaça par le secrétaire d'Etat aux Finances, M. de Pralorme.

M. de Pralorme passait pour ultramontain et autrichien : en réalité, il fut piémontais et parfois même italien ; nul plus que lui ne poussa le roi dans la voie des réformes progressives, et il ne tarda point à être vivement attaqué par la Congrégation. Le roi le maintint six années au pouvoir, car, avec le Garde des Sceaux, Barbaroux, un très noble esprit, le nouveau ministre balançait l'influence de La Marguerite. Cet équilibre était pour Charles-Albert un système de gouvernement.

Triste, indécis, craintif, le roi vivait dans l'isolement moral le plus absolu. Nul ami, point d'adversaire de face, mais des ennemis remuant dans l'ombre, et d'autant plus à redouter. Il se trouvait fort à plaindre et disait naïvement à M. de Rumigny ; « Croyez-moi, monsieur l'ambassadeur, le métier de Roi est bien pénible, je vous l'assure ^ » Ses craintes n'étaient

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