‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 74 sur 171 · Voyez supra, p · texte numérisé non relu

Voyez supra, p

3. Cavour à Auguste de La Rive, 4 sopleuibre 1836, à Emile de La Rin\, 1" décembre d836.

1841 et 1848, qu'il parvint à se libérer. Mais dès maintenant il était à la tête d'un vaste terroir, un latifondio dépassant quinze cents hectares, avec deux cents ouvriers agricoles, un bétail nombreux. Depuis quelques années, la surveillance des Cavour s'était un peu relâchée ; le marquis, très autoritaire, ne la voulait confier à personne autre que lui-même et ne se rendait pas assez régulièrement sur place ; il fallait là une activité jeune et pleine ; dès qu'il eut obtenu de son père un pacte de famille, — ce que lui-même appelle un « bail social ^ » — CamiUe s'y mit avec toute son ardeur.

L'agriculture piémontaise était demeurée jusqu'alors dans une simplicité assez primitive : elle était fondée, explique un mémoire de Cavour rédigé en 1841 -, sur l'alternance des prairies arrosées et de la culture des céréales pratiquée en grand : le blé succède au maïs, le trèfle au blé, le maïs au trèfle, et, grâce à la splendeur du soleil, à la douceur d'un climat que favorise l'immense paravent des Alpes, tout pousse, à moindre coût et meilleur rapport que partout ailleurs en Europe, la Belgique exceptée. Dans les terres basses et fertiles du Yercellese déjà, de date lointaine, le blé était introduit, le riz aussi dans les parties les plus humides, et comme tous deux étaient d'un beau rendement, il fallait les développer richement ; pour le premier, l'engrais était indispensable, pour le second l'eau, et c'est à amener ces deux produits que s'évertue le jeune agriculteur. D'engrais, en n'avait connu jusqu'alors que celui produit naturellement par les troupeaux ; mais déjà les progrès de la chimie ont révélé d'autres fécondants, et Camille de suivre les découvertes, de projeter l'installation à Léri même d'une

Page 1