‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 77 sur 171 · Cavour à M. Naville de Ghùtea-jvicux, 24 novembre · texte numérisé non relu

Cavour à M. Naville de Ghùtea-jvicux, 24 novembre

Il profite d'un séjour en montagne pour acheter et revendre des mulets. Et, comme il n'est petit profit pour le bon propriétaire, il dépose à la Société d'agriculture un long mémoire sur la culture du ver à soie : ses conclusions sont curieuses, presque contradictoires : il démontre les avantages des grandes magnaneries, mais prône l'éducation des vers à soie à domicile^ pratiquée par les paysans de compte à demi avec les propriétaires du sol, et « qui établit entre eux des rapports trop précieux pour qu'il soit sage de les sacrifier à un avantage pécuniaire au moins problématique », ami de l'économie politique, plus ami de l'accord des campagnards, grands et petits.

Surtout Gavour poursuit la réunion d'un très important troupeau de moutons, un de ces troupeaux qui chaque été, par des chemins antiques, montent aux pâturages d'été, passent le temps des chaleurs sous le grand ciel de la montagne et, aux premières brumes, redescendent dans la plaine, conduits par un berger aux loques splendides et des chiens aux jarrets infatigables. De ces moutons, Gavour cherche partout les meilleurs, se Uvre aux croisements les plus savants pour « diminuer la grosseur de leurs os », afin qu'ils soient plus gras', fier de constater que « nos laines sont supérieures à tout ce que l'Espagne produit de plus fin - », et de ces espèces ainsi améliorées envoyant des produits jusqu'au delà des Pyrénées. Pour acheter un troupeau de bélier mérinos, il se rend lui-même à Villach, en Autriche, et fait un intéressant voyage dans le nord de l'Italie.

11 n avait jusqu'alors été qu'au nord et à l'ouest du Piémont, en Suisse, en France, en Angleterre ; l'occasion était bonne pour lui de connaître l'Italie orientale et les confins autri-

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