‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 85 sur 171 · M"'» de Clermonl-ïonnerre à Camille Cavour, 28 août · texte numérisé non relu

M"'» de Clermonl-ïonnerre à Camille Cavour, 28 août

sans plaisir pour aller à toutes ces fêtes. Cet entrain factice, qui donne peu de satisfaction au cœur, ce mouvement au milieu d'indifférents a besoin de l'intérêt, qui ne peut se rencontrer que sur le terrain d'autrui. Ces frais de société, qui n'aboutissent à rien de solide ni d'utile, finissent par fatiguer un homme capable d'une vie mieux employée ^ »

Connaissant dans le cœur de son enfant un coin charmant de tendresse, un besoin d'affection, elle eût voulu fixer par un heureux mariage son « état flottant » ; elle le V03^ait déjà installé à Trufarel, tout près de Turin, avec une aimable compagne'". Elle y mettait toute sa diplomatie féminine, en parlait à de vieilles amies de la famille — les enragées marieuses de toutes les bonnes sociétés, — chargeait le digne abbé Frézet d'exercer sur son ancien élève toute son affectueuse influence ; peut-être avait-elle trouvé l'enfant rieuse capable de conquérir le cœur du volage Camille. Mais le volage Camille se dérobait, et persistait dans son célibat.

Etait-il si hostile à toute idée de mariage ? On est frappé, à lire ses lettres intimes de cette période, de la délicatesse et presque de la mélancolie avec lesquelles il parle mariage et enfants ; il trouve, pour féliciter ses cousins Paul et Adèle Maurice de leur bonheur intime, les mots les plus fins, les plus tendres, et lorsqu'ils attendent un enfant, lorsque naît le « joli poupon », ce jeune mondain a sur les devoirs et les joies de. la maternité les traits les plus heureux. « Lorsqu'Adèle se sera faite au doux métier de mère, écrit-il, lorsqu'elle saura qu'on endure avec joie toutes sortes de privations et de peines lorsqu'il s'agit des êtres auxquels on a donné la vie, peut-être alors senti ra-t-elle tout le bonheur qu'il y a à remplir auprès de ses enfants les pénibles obligations que la

1. Calendrier de M"= de Cavour, 22 février 1841. Ruffini, l. II, p. 2-53.

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