‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 86 sur 171 · Marquis Cavour à Camille, 23 décembre · texte numérisé non relu

Marquis Cavour à Camille, 23 décembre

nature paraît avoir imposées aux mères \ » Il joue avec ses neveux, les gâte, va les voir en pension, faut-il pour les atteindre faire un voyage'. Son ami Santa-Rosa se mariet-il? 11 s'en réjouit avec cordialité lui demandant simplement « de dérober une demi-heure à l'amour, pour la donner à Tamitié ^ y> .

Alors, que ne faisait-il comme ses amis? pourquoi ne se mariait-il pas ?

Pourquoi ? Pour de nombreuses raisons : il était ambitieux, il voulait, quoiqu'il en ait dit dans son Diario, mener une existence brillante, et n'admettait point le second plan ; cadet de famille, il n'avait point de fortune et ses besoins étaient grands; pour mettre son ménage au rang de son ambition, il lui fallait trouver une très grosse dot, car, grondait un jour le vieux marquis, « un appartement occupé dix ans par ton grand-père de Salles ne peut aller à M""" la comtesse Camille, il lui faudrait équipage brillant, complète indépendance... Tout avis à tes yeux paraît rococo ». Et le père ajoutait avec mélancolie : « Dès que j'ai acquis cette conviction, j'ai renoncé à te voir marié de mon vivant*. »

A cette raison d'argent, s'en ajoutait une autre, plus cachée et plus tenace, la chaîne fleurie nouée à Gênes en 1831 : la marquise Giusliniani habitait loin de Turin, elle n'}»^ revenait que rarement, sa liaison avec Cavour s'était forcément desserrée, mais elle ne s'était jamais rompue entièrement ; et l'on doit ajouter, tout à l'honneur de Camille, que sachant sa maîtresse triste ot malheureuse, il ne \oulait l'abandonner à sa

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