‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 87 sur 171 · Le marquis Cavour à Camille, 18 octobre · texte numérisé non relu

Le marquis Cavour à Camille, 18 octobre

désolation. En arrivant à Paris, le 21 juillet 1837, il trouve d'elle « de tristes lettres qui l'ont navré, ce sont les dernières qu'il recevra d'elle, que va-t-elle devenir ' ? » Ne se sentaitil point parfois, tout au fond de lui-même, lassé de cette larmoyante élégie si contraire à son caractère enjoué et changeant? C'est bien possible. N'était-il point infidèle à sa belle amie ? C'est trop certain. 11 eut dans le monde galant de Turin plusieurs intrigues, et, pour reprendre le mot de son excellente mère, fréquenta trop « le terrain d'autrui ». Une nouvelle marquise entra dans son existence, bientôt enlevée par une mort soudaine, le 7 janvier 1836. Sa douleur ne dura que peu de mois. Au début de 1837, il écrivait dans son journal : « Il m'est arrivé bien des aventures pendant ces trois derniers mois. Je suis dans une position bien difficile et malheureusement je n'y suis pas seul ; une autre personne qui m'est plus chère que moi-même est exposée aux plus grands dangers. Je voulais m'éloigner ; elle ne veut pas. Les femmes savent bien mieux aimer que les hommes-. » Cette nouvelle passion dura quelques années, non sans être traversée d'ailleurs de quelques passades, intrigues d'un jour. .. ou d'une nuit ■'.

Ainsi dépensait-il assez sottement sa jeunesse en menue monnaie d'aventures, le cœur trop souvent plein pour ne pas être vide*. Sans grand plaisir, il fréquentait les salons de l'aristocratie piémontaise, dansait un quadrille ou une valse,

■1. Diario, 21 juillet 1837, p. 248.

2. Diario, 1837, p. 237. On pourrait se demander si cette plirasene vise pas l'Inconnue : M. Ruffîni, t. Il, p. 15, croit qu'elle concerne une troisième intrigue.

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