‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 93 sur 171 · M. d'Azeglio, loc. cit · texte numérisé non relu

M. d'Azeglio, loc. cit

k. Le comte Mortier à M. Guizot, 18 novembre 1843.

ils faisaient appel à l'ancien ministre des Affaires étrangères, le comte de Latour, confiné dans la retraite dorée de gouverneur de Turin, mais ayant conservé une forte action sur le roi, parce qu'il était seul à jouir du droit d'entrer chez lui chaque jour et à toute heure S qu'il avait conservé ses relations personnelles avec Metternich et la légation autrichienne, et qu'il en recevait des arguments à développer dans l'intimité pour le grand bien de l'Eglise et de l'Etat absolutistes. Le programme de ce parti était net et court : l'immobilisation. Son idéal était atteint lorsque les diplomates se bornaient à résumer la politique du royaume par ces seuls mots, que l'on trouve pendant cinq ans dans leurs dépêches comme un refrain monotone : « ici rien de nouveau », et les jeunes secrétaires, désireux de briller, ne pouvaient que constater avec mélancolie : « Tout marche ici dans des voies dès longtemps tracées... et la tâche du chroniqueur m'y paraît assez ingrate". » Point de progrès, car c'est ut\ produit du diable ; point de développement de l'industrie, car « notre gouvernement voit en elle l'auxiliaire du libéralisme et éprouve pour elle une répugnance qu'il ne peut pas vaincre'; pas de chemins de fer, car avec eux s'introduiraient dans le pays le trouble, l'immoralité, les idées révolutionnaires'. Qu'importe si « les affaires sont d'une lenteur désespérante, s'il y a un arriéré effrayant^' ». Tout esl sauvé, il n'y a pas dans la muraille administrative la moindre fissure où puisse se glisser la Révolution.

Ce parti, tout puissant sous Charles-Félix et aux débuts

Page 1