Cavour à M. Naville, loc. cit
du nouveau règne, exerçait encore en 1840 une influence prépondérante, et faisait du Piémont,« un espèce d'enfer intellectuel..., un pays où l'intelligence et la science étaient réputées choses infernales, » et de Turin une ville « où il fallait se cacher pour échanger quelques idées, qui sortent de la sphère poUtique et morale où le gouvernement voudrait tenir les esprits enfermés^ )>. Mais • ces conservateurs étaient combattus et jusque dans le ministère par les progressistes, moins unis, plus intelligents, moins habiles, mieux soutenus par la noblesse libérale qui allait prendre la direction du mouvement italien. En 1840, quatre ministres refusaient de se soumettre au joug de la Congrégation, aussi la camariila s'efforçait de les éliminer. Le comte de Pralormo, ministre de l'Intérieur, mordit le premier la poussière, tombé « par le parti congréganiste qui depuis longtemps lui faisait une guerre à mort », et, quoiqu'il manquât de formes et que ses manières fussent un peu brutales, « sa retraite a été un malheur pour le pays..., car c'était un parfait honnête homme, aimant le bien pour le bien, administrant dans Tintérct du pays et non dans l'intérêt d'une secte ou d'un parti" ». Le groupe de la réaction se remua « excessivement » pour qu'd fût remplacé par un de ses adeptes, M. de Collegno ou le comte de Maistre ; le roi s'en tira en confiant par intérim le portefeuille de l'Intérieur au comte Gallina, déjà ministre des Finances, le provisoire était dans le système du souveram. L'excellent garde des sceaux, M. Barbaroux fut le second . à quitter le pouvoir et d'une manière plus tragique : son inteUigence sombra dans un travail excessif, il chercha le repos dans la mort. Son premier adjoint, le comte Avet, le