Cavour au baron Maurice, 1S44. Ruffini, II
2. Cavour à M^^ de Circourt, Ib mars 1S44. Nigra, Le comte de Cavour et la comtesse de Circourt, p. 50.
Pères, « les Jésuites et le clergé ont chez nous non seulement la liberté, mais le monopole de renseignement. Eh bien ! qu'ont-ils obtenu sur l'esprit public? Pùen, absolument rien ^ . . . Ils n'ont rien appris, rien oublié ; leur esprit, leurs méthodes sont les mêmes. Malheur au pa3S, malheur à la classe qui leur confiera l'éducation exclusive de la jeunesse. A moins de circonstances heureuses qui détruisent dans l'homme les leçons de Fenfance, ils feront dans un siècle une race abâtardie et abrutie... quelque chose qui lient le milieu entre l'homme et la brute' ».
Ce qu'avec cette éloquence, celle colère, réclamait Cavour, « chasser les Jésuites, ôter l'enseignement des mains des prêtres », c'était le programme même du parti libéral, qui était catholique, religieux, — non clérical. C'était en quelque mesure par avance la formule: « Libéra Chiesa neU'stalolibero ». C'était, surtout, le principe même de l'enseignement public en France. Et ainsi la nomination du marquis Alfieri était une victoire tout ensemble du parti libéral et des idées françaises. Il était donc logique que le comte de la Marguerite et sacamarilla, dévoués à l'Eglise et aux Pères, le fussent également à l'Autriche, en même temps que dépourvus de toute sympathie pour la France ^ ; que les ministres indépendants, Villamarina le premier, fussent favorables à la France ; qu'à mesure que grandissait l'autorité du parti libéral l'opinion gouvernementale se fit anti-autrichienne, et les relations plus cordiales entre les cabinets de Turin et de Paris.
Un incident diplomatique avait souhgné cette évolution : en 1843, une vive discussion s'éleva entre les gouvernements
■1. Cavour au baron Maurice, 1844.