Gramont à Walcwski, 1" et 12 septembre
aussi promptes que complètes. A Turin, le parti ultra-réactionnaire, de ceux qu'on traitait en Italie de codini et en France àevieilles perruques, s' en réjouit, n'ayant point perdu tout espoir d'une réconciliation des cours sarde et autrichienne. L'opinion générale, moyenne, ne considéra la levée des séquestres « que comme une réparation tardive, incomplète, imposée à l'Autriche par les circonstances et en grande partie par l'insistance du gouvernement de l'empereur (Napoléon). La reconnaissance fut nulle1 ». Que Cavour fût très satisfait d'une mesure qui donnait à son adversaire un cachet de générosité, sa correspondance permet d'en douter, tant elle est pleine de réticences2; mais il fit contre trop bonne fortune bon cœur, et déclara que l'édit était de nature à rétablir une harmonie toujours troublée,. .. seulement il remarqua que le chargé d'affaires autrichien, Paar, ne lui avait pas notifié personnellement et en due forme les nouvelles dispositions autrichiennes; — qu'à Venise, le marquis Cantono n'avait point davantage reçu de notification officielle :;; — que d'ailleurs il ne savait pas si la cour de Vienne désirait « replacer ses rapports avec la cour de Turin sur un pied plus intime » ; — et qu'enfin les missions diplomatiques ne pourraient être rétablies que simultanément, « pour que le cabinet (sarde) ne pût être accusé d'avoir le premier envoyé un ministre à Vienne quand l'Autriche avait été la première à retirer le sien de Turin'* ». Bref, il tergiversa, et les événements marchèrent.
Cependant l'empereur François-Joseph avait entrepris son voyage dans ses provinces italiennes et il était entré le