Cavour à E. d'Azeglio, 5 juillet
2. Cavour à Villamarina, 2 et 5 juin ; à Jocteauj 12 août 1856.
3. Orsi, Histoire de l'Italie moderne, trad. Bergmann, p. 229.
4. Oriani, La lotta politica in Ilalia, p. 597. Masi, Il Risorgimenlo italiano, t. II, p. 466.
au Congrès de Paris, l'influence toujours croissante du Piémont en Italie, les menées du parti mazzinien, surtout la tendance chaque année plus marquée des Lombards et même de certains Vénitiens de prendre auprès de Cavour leur ligne de conduite, tout démontrait à la Hofburg que son action avait fait faillite dans ces deux provinces et qu'il la fallait changer. Le jeune empereur, aimable et séduisant, résolut de visiter ses provinces d'au delà des Alpes, mais encore fallait-il préparer ce voyage en « chauffant » l'enthousiasme des populations.
Or, il était une mesure, détestée de tous dans le royaume, critiquée par les cours de Londres et de Paris, dont l'abrogation pourrait manifester la venue d'une ère nouvelle : la levée du séquestre imposé sur les biens des anciens Lombards, naturalisés Sardes1. La question traînait depuis trois années dans les chancelleries; il n'était de mois, voire de semaine, où elle ne fût traitée dans la correspondance autrichienne, sarde, française ou anglaise. Au début de l'été, le comte Buol avait proposé une combinaison : les émigrés demanderaient la levée du séquestre, étant sûrs de l'obtenir; Cavour s'était prêté à l'arrangement, fournissant par l'intermédiaire de la légation française, la liste des intéressés2; mais de nouvelles difficultés se soulevèrent, et dès le mois d'octobre la cour de Vienne laissa entendre qu'elle allait prendre une mesure plus radicale. Les journaux avancés du Piémont en demeurèrent stupéfaits, perdant ainsi le meilleur thème de leurs protestations anti-autrichiennes; ils nièrent d'abord que la main levée fût pure et simple : le 2 décembre, l'empereur signa un édit levant tous les séquestres, et les mesures d'application furent