‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 11 sur 347 · Gramont à Walewski, 6 janvier, 3 février · texte numérisé non relu

Gramont à Walewski, 6 janvier, 3 février

io janvier 1857 à Milan, accueilli par cet enthousiasme qu'une police nombreuse et habile sait toujours provoquer,... ou remplacer, si la population y est hostile; une très large amnistie, quelques jours plus tard, vint très opportunément réchauffer l'allégresse. Mais à ce moment de nouveaux incidents s'étaient soulevés entre l'Autriche et la Sardaigne.

Déjà, dans le cours de l'été 1856, le cabinet de Vienne avait été fort mécontent de mesures militaires que le ministère sarde disait simplement défensives1 : fortifications d'Alexandrie, souscription nationale pour la remise au gouvernement de cent canons destinés à la même place, souscription mazzinienne pour l'achat de dix mille fusils « destinés à la première province d'Italie qui se lèverait contre l'ennemi commun ». Lorsqu'après la levée des séquestres, fut annoncée la prochaine entrée de François-Joseph à Milan, Cavour laissa entendre qu'un grand officier de la couronne sarde serait envoyé pour l'y complimenter au nom de son royal maître, simple mesure de courtoisie, conforme aux usages suivis entre souverains; à la fin de décembre, le comte de Saint-Just fut invité à préparer ses uniformes et ses décorations pour se rendre à Milan, et déjà, dans cette visite, les diplomates étrangers voyaient « le prélude des pourparlers qui doivent amener la régularisation des relations diplomatiques2 ». Singulière illusion. A ce moment tout fut brouillé par une insigne maladresse de la police autrichienne : elle trouva bon d'expulser, parmi les suspects qu'il est de tradition d'éloigner d'une ville où entre un souverain, M. Plezza, sénateur sarde, d'une incontestable honorabilité, et parfaitement inoffensif. Cavour, tout le Piémont jeté-

Page 1