‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 102 sur 347 · L'empereur au prince Napoléon, 23 janvier · texte numérisé non relu

L'empereur au prince Napoléon, 23 janvier

demandait anxieusement l'autorisation d' « exécuter le programme l ». Le monarque acquiesça.

D'ailleurs, l'annonce officielle au Parlement, le vote d'un douaire de 500. 000 lires, la rédaction du contrat, les fêtes inévitables prirent la semaine; le samedi 29, au Palais Royal, fut signé le contrat de mariage, passé devant Cavour, faisant fonctions de notaire de la couronne, — et avec son ventre rondelet, sa face joviale et rasée, son sourire avenant, il avait exactement figure de notaire provincial; derrière les lunettes, le regard lançait une flamme d'intelligence et de triomphe, car l'acte provenait bien de son « étude ». — Le mariage religieux fut célébré le 30 janvier par Tévôque de Verceildans la chapelle du Palais ; dès le lendemain, les jeunes époux partirent en compagnie du roi pour Gênes où ils s'embarquèrent le 1er février pour la France.

Dans plusieurs télégrammes et lettres, Napoléon III avait exprimé la crainte que « l'esprit public mêlât le mariage à la guerre ». Or, l'état de son armée et de ses négociations avec les puissances neutres exigeait qu'on retardât le début des hostilités : aussi estimait-il nécessaire de tenir le traité d'alliance dans le plus absolu secret, car s'il était connu, l'Autriche prendrait l'initiative des hostilités avec une rapidité qui pourrait la mener en peu de jours à Turin. Malgré ses recommandations, le secret ne tarda point à se divulguer, tout au moins dans son essence, qui était le fait même d'un traité franco-sarde. Cavour ne se croyait pas tenu au même mystère que Napoléon, et il mettait au courant ses représentants à l'étranger2; le prince Napoléon était assez bavard, et racontait le secret aux ministres, au directeur politique des

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