Le prince Napoléon à l'empereur, 24 janvier
2. Cavour à Durando (Constantinople) et à Boncompagni (Florence), 20 janvier; à Villamarina et à Em. d'Azeglio, 23 janvier 1859.
Affaires étrangères, M. Benedetti, qui (chose invraisemblable en d'autres temps), « l'ignorait complètement1 ». A Turin, la nouvelle circulait sous le manteau et le ministre de France écrivait : « On paraît de plus en plus persuadé qu'un accord secret existe entre la France et le Piémont2 ».
Malgré tous les démentis de l'empereur, insérés même dans le Moniteur Universel, l'Autriche eut vent de l'alliance, hâta ses préparatifs, prête à se jeter sur l'adversaire, et déjà l'on se demandait à Vienne : « Est-il possible que nous nous laissions égorger comme un agneau3? »
Avant de partir en guerre, tout chef d'Etat doit s'assurer de l'opinion publique, préparer ses forces armées, réunir l'argent et les crédits nécessaires, chercher des alliances, écarter l'intervention de tierces puissances, bien disposées mais gênantes. Où en était le Piémont à ces divers égards?
La triste expérience de 1848 et 1849 démontrait indispensable l'effort non du seul peuple sarde, mais de toute la population italienne. Pour réussir, le mouvement national devait être préparé, encouragé, déclenché, dans toute la péninsule, des Alpes à la Sicile. Ici apparaissait le travail de la Société nationale : le fin réseau tissé de ville en ville par La Farina unissait comme dans une même trame les petits groupements, les sociétés isolées, les bonnes volontés éparses et de tendances contradictoires ; pour arriver à les nouer ainsi en un seul et solide filet, un patient et discret labeur avait été nécessaire, des démarches répétées,