La Tour d'Auvergne à Walewski, 5 février
3. Hûbner, Neuf ans de souvenirs, l« février 1859, U, p. 276.
des lettres innombrables1, mais le résultat était heureux; car les opinions s'étaient rapprochées, les modérées se ralliant aux méthodes révolutionnaires, les républicaines acceptant l'unité italienne par la monarchie de Savoie. Dans leurs entretiens mystérieux et matinaux, Cavour et La Farina constataient les progrès de leur campagne en Toscane, dans les duchés et les Romagnes, et jusque dans le Napolitain ou la Sicile. Tous venaient à l'idée cavourienne : l'unité par la royauté et la liberté.
Garibaldi avait (on l'a dit) séjourné à Turin vers la fin de décembre 1858; il avait eu, nul ne l'ignorait, un long entretien avec le premier ministre2 et déjà le bruit circulait qu'il avait été chargé de préparer une légion auxiliaire de l'armée sarde, renonçant d'ailleurs à toute alliance avec le groupe mazzinien3. Dans le parti d'extrême gauche en Piémont, quelques-uns des plus avancés, bons patriotes, étaient frappés des résultats de la politique ministérielle et Brofferio, le bouillant adversaire de Cavour, songeait à s'y rallier — provisoirement \ Il en était de même parmi les républicains de toute l'Italie, qu'avaient déçus ou désespérés les vaines et sanglantes conspirations de Mazzini, enthousiasmés et remplis d'espérance les succès de Victor-Emmanuel. Quelques semaines plus tard, Massimo d'Azeglio, qui avait fait sa paix twecYempio rivale",
1. Le puissant travail de La Farina à cette époque est exposé dans le tome second de son Epislolario.
i. F. Cavalla, Garibaldi e la formazione dell'ltalia, dans la Rassegnastorica del Risorgimenlo, 1915, p. 375, à propos de l'ouvrage de George Macaulay Trevelyan. Cpr. supra, p. 108.