Gramont à Walewski, 19 décembre
rent feu et flamme, déclarant qu'il était contraire « à la dignité du roi d'envoyer un représentant dans une ville où un membre distingué du Sénat venait de recevoir un affront, dirigé moins contre l'individu que contre le sénateur1 ». Et la presse de Turin s'en expliqua sans aménité. En même temps une démarche des patriotes lombards renseignait très exactement François-Joseph sur les opinions de ses « bonnes provinces » italiennes : une souscription était ouverte à Milan pour l'érection à Turin d'un monument en l'honneur de l'armée sarde, et les fonds arrivaient de toutes les parties des deux provinces. A quoi la cour de Vienne fit une dure réplique, nouvelle et grave erreur.
Le 16 février, le comte Paar se rendit auprès de Cavour et lui lut une dépêche du comte Buol, hautaine mercuriale accumulant les griefs de la cour de Vienne : offenses de la presse sarde contre l'empereur François-Joseph, acceptation du monument dédié par les Milanais à l'armée piémontaise, acceptation d'adresses et de médailles par Cavour à l'occasion de son attitude au Congrès de Paris, souscription pour les cent canons d'Alexandrie ; l'épître demandait quelles garanties donnerait le Piémont, qui permettraient à l'Autriche de conserver avec lui les relations désirables dans Pintérêt des deux pays ; le cabinet de Vienne se réservait de régler sa conduite selon les résolutions que prendrait le gouvernement sarde".
Cavour perçut de suite la sottise de cette démarche, et le parti qu'on en pouvait tirer : dans sa correspondance privée, il déclara que les « diatribes » et les « provocations » de l'Autriche ne feraient pas dévier le Piémont « de la voie calme