‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 111 sur 347 · Le marquis Gino Capponi à Eugène Rendu, 1er mars · texte numérisé non relu

Le marquis Gino Capponi à Eugène Rendu, 1er mars

4. Le roi Victor-Emmanuel au prince Napoléon, 15 février 1859.

modulant tantôt les notes d'apaisement et tantôt la fanfare triomphale ' : une énigme capable d'embarrasser tous les Œdipe de la politique. L'accueil des sénateurs et députés fut d'une fraîcheur remarquée, et, le lendemain, en ouvrant le Corps législatif, Morny, prenant « le contre-pied2 », proclama que « la paix ne pouvait être troublée que pour la défense des grands intérêts nationaux », aux applaudissements de toute l'Assemblée.

De ces manifestations impériales, le gouvernement anglais était fort inquiet : il sentait que les trois puissances en conflit glissaient vers la guerre comme sur un plan incliné et savamment préparé ; décidé à tout faire pour conserver la paix, il résolut d'agir, non à Paris, mais à Turin et à Vienne. Le 18 février, sir James Hudson vint lire solennellement à Cavour une dépêche de lord Malmesbury, discutant « d'une manière assez aigre y » la conduite du Piémont envers l'Autriche et demandant que le cabinet sarde formulât d'une manière claire et précise ses griefs et les remèdes de nature, selon lui, à guérir les maladies italiennes; le président sarde exprima le désir que la demande lui fût notifiée par écrit, ce qui fut fait peu de jours après. En même temps, le cabinet de Saint-James décidait de charger lord Cowley, son ambassadeur en France, d'une mission extraordinaire et officieuse à Vienne, « pour tenter d'arranger les choses4 ».

Ces démarches n'étaient point sans inquiéter à son tour l'empereur des Français : bien que le gouvernement de Turin lui eût communiqué sagement le mémorandum qu'il comptait

•1. De La Gorce, Histoire du Second Empire, II, p. o'J6-'J7. '2. Darimon, Journal, 8 février 1859.

3. Cavour au prince Napoléon, au marquis d'Azeglio. 18 février 1859.

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