‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 112 sur 347 · Malmesbury, Mémoires, 24 février · texte numérisé non relu

Malmesbury, Mémoires, 24 février

remettre à Londres l, Xapoléon voulait la guerre à son heure, en champ clos, et redoutait aussi bien l'amicale intervention de l'Angleterre que l'agitation en Allemagne ; sans doute la Prusse paraissait indécise, attachée à la neutralité par sa longue rivalité avec la cour de Vienne et les souvenirs douloureux d'Olmutz. Mais dans les moyens et petits États se manifestait une excitation significative et dangereuse; le premier ministre saxon, M. de Beust, qui séchait d'envie à ne jouer aucun rôle dans la politique européenne, était parti en voyage d'exploration : à Paris, il avait été reçu par l'empereur qui lui lâcha un mot maladroit sur le « rôle de dupe » que se préparaient à jouer les puissances de l'Allemagne centrale2; à Londres, il avait trouvé un accueil bien plus favorable où il avait perçu l'influence du prince consort. De sûrs avertissements parvenaient d'Allemagne au quai d'Orsay et aux Tuileries :i : on savait que la Bavière avait interdit l'exportation des chevaux, qu'en Hanovre la Chambre avait sommé le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour repousser toute attaque contre l'Autriche, que l'ambitieux duc Ernest de Saxe-Cobourg- Gotha se remuait fiévreusement, que les tout petits, satellites du Ring viennois fourbissaient leurs armes rouillées, bref que « les événements réveillaient en Allemagne l'esprit de 1812 à 1815* ». Dès lors, et ceci est de la plus haute importance, une guerre sur le Rhin était à redouter, qui

1. Cavour au prince Napoléon, 23 février, 1839. Lé mémorandum était un long exposé des manœuvres de l'Autriche en Italie, de ses torts envers la Sardaigne, des réponses possibles.

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