Zanichelli, Cavour, p
3. La Tour d'Auvergne à Walewski, 27 février 1859. A ce moment, le chevalier d'Azeglio, partait en mission à Rome, sous couleur de porter le collier de l'Annonciade au prince de Galles.
les provinces italiennes, sévères mesures de police contre les étrangers, propos incendiaires entre officiers généraux et répandus parleurs subalternes, envoi de nouvelles escouades de Stosstruppen, arrivée à Pavie de trente-six canons de gros calibre1 ; Cavour prit tout cela comme un signal de ralliement devant l'ennemi, et non sans raison. Et il y fit une réplique qui était en même temps une réponse à la note du Moniteur : le 9 mars, la Gazette officielle annonçait la convocation des contingents, — mesure analogue à notre mobilisation générale, — en exprimant la pensée que le pays verrait avec satisfaction ses soldats se réunir autour de leurs drapeaux pour la défense de l'indépendance et de l'honneur de la patrie.
Cette grave mesure n'était point improvisée ni prise sans consultation auprès de « qui de droit », c'est-à-dire de Napoléon. Lorsque Cavour l'avait annoncée dès le 6 mars au ministre de France, celui-ci l'avait vivement déconseillée, et Cavour de répondre « qu'il attendait une réponse de Paris- ». On peut croire que la réponse était arrivée le 9 mars, jour où la décision fut publiée : et ceci était tout à fait dans la politique impériale, d'autoriser en secret une mesure belliqueuse prise en réplique à ses propres déclarations pacifiques. Mais la gravité de cette convocation était telle, à une heure où le moindre incident pouvait déclencher la catastrophe redoutée des uns, voulue des autres, que les diplomates de tous pays en furent vivement émus; les ministres d'Angleterre et de Russie à Turin firent, de leur propre chef et confidentiellement, auprès de Cavour, de vives instances pour le dissuader d'une telle décision3: le comte YValewski recom-