La Tour d'Auvergne à 'Walcwski, 6 mars 18o
3. La Tour d'Auvergne à Walewski, 9 mars 1859; Cavour à d'Azeglio. 10 mars 1859.
manda la prudence, « persuadé que l'Autriche s'abstiendrait avec soin de prendre l'initiative d'un acte quelconque d'agression ' » ; et lord Malmesbury adressait de Londres de nouvelles admonestations.
A ce moment, lord Cowley quittait Vienne et reprenait le chemin de Paris; il avait reçu de belles paroles, mais, quand il avait voulu serrer de près les questions litigieuses, Buol s'était dérobé : de vrai, un échec honorable2. Mais, alors que l'Angleterre pouvait désespérer de toute intervention, la Russie, restée jusqu'alors sur une prudente réserve, à son tour entra en campagne a et brusquement proposa un Congrès.
L'idée en était dans l'air depuis quelque temps, car c'était la panacée du temps, « une consultation de malades et qui ne guérit jamais », disait M. Thiers. Officiellement la proposition vint de la Russie, mais ni les contemporains ni les historiens ne s'y sont trompés : l'inspiration était de Napoléon; et c'est en effet à la suite d'un entretien entre l'empereur Napoléon et Kisselef, ambassadeur du tsar, le 15 mars, que la cour de Pétersbourg proposa, « pour être utile à la France et au Piémont4 », de réunir en congrès les cinq grandes puissances; officiellement, sa suggestion est en date du 18 mars.
La France accepta immédiatement, comme de juste. L'Angleterre n'adhéra que de mauvais gré, n'ayant point confiance et flairant un piège de Napoléon. La Prusse consentit pour