‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 116 sur 347 · Bersezio, Ilregno di Yittorio-Emanuele II, VII, p · texte numérisé non relu

Bersezio, Ilregno di Yittorio-Emanuele II, VII, p

4. Walewski à La Tour d'Auvergne, 18 mars: l'empereur au prince Napoléon, 19 mars 1859. Dans une lettre du 30 mars adressée à Cavour, le prince Napoléon dit formellement que le Congrès a été suggéré à la Russie. La lettre, citée par Bolléa, Una Silloge, p. 154, [et Commandini, Il principe Napoleone, p. 109, ne se trouve pas dans la publication de la Revue des Deux Mondes.

faire comme l'Angleterre, et alors qu'un secret rapprochement s'esquissait entre les cours de Vienne et de Berlin. L'Autriche se doutait bien que le projet venait des Tuileries et n'avait pour but que de gagner du temps; elle ne pouvait refuser tout au moins de le discuter, mais elle posa ces deux conditions : qu'on ne mettrait en question aucun remaniement territorial, que le Piémont serait préalablement invité à désarmer.

Et ce Piémont, cause de tout le mal? Il ne devait point être admis dans le sanctuaire, et M. Walewski en donnait les raisons dans une longue dépèche destinée à être lue au chef du cabinet sarde, raisons maladroites car humiliantes. « Il eût été certainement désirable que la Sardaigne pût être représentée au sein du nouveau congrès, y était-il écrit, mais le cabinet de Saint-Pétersbourg a compris que sa proposition ne serait agréée qu'à la condition de réserver exclusivement aux grandes puissances le soin de rechercher les combinaisons destinées à consolider la paix de l'Europe. » Telle était la tradition depuis un siècle; la Sardaigne n'avait participé au Congrès de Paris que comme belligérante ; si on l'invitait à la nouvelle réunion, on serait tenu d'y appeler les autres États italiens, notamment le royaume de Naples. Et la dépêche se terminait en invitant le Piémont à la sainte résignation1.

Cette noble vertu, Cavour n'avait nullement l'intention de la pratiquer : la proposition de la Russie, l'adhésion des grandes puissances avaient produit à Turin une détestable impression et Cavour ne dérageait pas. Car il y avait, dans ce malencontreux Congrès, pour le Piémont une humiliation, d'en être laissé à la porte par assimilation avec Parme ou Modène, — et un danger, que dans l'intimité des Cinq les choses s'arran-

1. Le comte Walewski à La Tour d'Auvergne, 19 mar» 1869. Cavour. — m. H

geassent par manière de conciliation, au détriment du petit royaume. « Nous sommes, disait-il au ministre de France1, les plus intéressés aux questions qui vont se débattre; votre honneur est engagé vis-à-vis de l'Italie, et vous ne nous reconnaissez pas le droit de faire entendre notre voix ; quelle force morale me restera-t-il pour faire accepter à l'Italie la solution qui sortira de voire Congrès, quand elle saura que toutes les questions y ont été discutées et tranchées en dehors d'elle? Vous me mettez dans la nécessité ou de céder, lâchant place à la Révolution, ou défaire une folie, un coup de tête. » Pouvait-on sérieusement assimiler le Piémont aux autres gouvernements de la péninsule ; « ne représente-t-il pas, à lui seul, une idée opposée au système de l'Autriche qui est malheureusement devenu le système de tous les autres États d'Italie ? » En même temps, Gavour renouvelait ces doléances aux ministres d'Angleterre et de Russie, télégraphiait au prince Napoléon que « si le Piémont était exclu, la position deviendrait intolérable ; lui-même serait entraîné ou forcé à donner sa démission2; » enfin il écrivait à l'empereur une lettre personnelle, où il protestait contre la réunion proposée par la Russie, car, écrivait-il, « les Italiens ont eu tant à souffrir des Congrès, ceux de Troppau, Laybach et Vérone ont laissé de si tristes souvenirs, qu'ils considèrent la diplomatie comme une vraie marâtre ». Si cette réunion ne peut être évitée, encore faudrait-il a que la Sardaigne prît part au Congrès. Son exclusion ferait perdre au roi et à son gouvernement toute force morale dans le pays et dans le reste de l'Italie. » L'Autriche ne fait aucune concession, ne veut abandonner le protectorat ni des duchés, ni de la Toscane, ni des Légations. « Elle joue

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