‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 118 sur 347 · Le prince Napoléon à Cavour, 18 mars · texte numérisé non relu

Le prince Napoléon à Cavour, 18 mars

ne lui avait point donné satisfaction1, non plus qu'au ministre sarde la réponse à sa lettre du 192. Que faire? par qui atteindre l'empereur et lui arracher un nouveau revirement. Le représentant sarde, Villamarina, était sans aucune influence3; Nigra, trop jeune ; Massimo d'Azeglio, occupé à Rome ou en Toscane ; Cavour seul était capable de combattre l'influence de Walewski et des diplomates anglais, de manier Târne de Napoléon ; le roi Victor-Emmanuel se disait disposé à l'envoyer à Paris quelques jours, s'il s'agissait de traiter « d'une question tout à fait vitale * » . Tel était bien le cas. La présence de Camille à Paris était indispensable. Le 23 mars, le prince en parle à Napoléon III, qui approuve, et dans la journée ce télégramme part du Palais- Royal pour le chef du cabinet sarde : « Venez de suite, sans perdre une heure... N'hésitez pas, c'est un coup décisif. Donnez grande publicité à votre voyage. Dites que c'est pour vous concerter avec la France sur la conduite à tenir au Congrès où vous irez représenter le Piémont6. » Le lendemain, Cavour partait pour Paris.

Le 25 mars, une note au Moniteur, qui annonçait la prochaine arrivée de Cavour dans la capitale, « sur une invita-

i. Le prince Napoléon à l'empereur, 22 mars 1859; la réponse est du même jour.

2. Napoléon III à Cavour, 23 mars 1859, lettre écrite avant l'entretien avec le prince et sous l'influence évidente de Walewski. Bolléa, p. 150.

3. Le prince Napoléon à Cavour, 15 mars 1859. Cavour pensait à mettre en congé Villamarina pour confier l'intérim à Nigra. Cavour au prince, 16 mars 1859. « Par rapport à l'affaire Villamarina, écrivait le roi à son gendre, tu te rappelleras que je t'ai dit que c'est une bête. »

Page 1