‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 13 sur 347 · Cavour à E. d'Azeglio, 20 et 24 janvier, 4 février · texte numérisé non relu

Cavour à E. d'Azeglio, 20 et 24 janvier, 4 février

2. Buol à Paar, 10 février; Cavour à Villamarina, 18 février; Gramont à Walewski, 17 et 18 février 1857.

et modérée qu'il avait suivie jusqu'alors »; mais qu'il maintiendrait ses droits dans toute leur intégrité, dût-il « tirer le canon1 ». La réponse qu'il envoya par le marquis Cantono au comte Buol fut digne et sage. Sans justifier nullement les attaques de la presse sarde, regrettant leur caractère âpre et excessif, le président du Conseil faisait remarquer que les journaux du Piémont n'étaient pas plus violents ni plus acerbes que les gazettes belges ou anglaises ; lui-même n'avait jamais refusé les poursuites demandées par le représentant de l'Autriche ; de telles attaques étaient d'ailleurs sans influence au delà du Tessin où les journaux sardes ne pouvaient pénétrer ; et les feuilles autrichiennes, surtout celles publiées en Lombardie, étaient remplies d'injures contre le ministère et le roi de Sardaigne ; la Gazette officielle de Milan, elle-même, organe du gouvernement autrichien, contenait les plus vives critiques ; comment, dans ces conditions, admettre les plaintes de l'Autriche contre la presse sarde, laquelle est libre et ne reçoit pas les inspirations du cabinet ? Le gouvernement piémontais ne cherche à améliorer l'état de l'Italie que par des moyens pacifiques et légaux; il n'a point refusé un témoignage des Lombards à l'héroïsme de l'armée sarde, mais évitera toute inscription « qui puisse blesser la susceptibilité de l'Autriche ». Enfin, Cavour se défendait d'exposer à son tour les griefs de son pays, mises sous séquestres ou expulsions violentes, « pour ne pas envenimer une discussion qui ne nous paraît pas pouvoir amener des résultats avantageux pour les deux pays ». Cette dépêche, si modérée, fut communiquée aux puissances étrangères 2.

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