‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 122 sur 347 · Lord Cowley à lord Malmesbury, 9 avril · texte numérisé non relu

Lord Cowley à lord Malmesbury, 9 avril

4. Malmesbury, Mémoires, 9 avril 1859, et il ajoutait : « Les Piémontais sont sûrs de l'appui de la France et ne veulent entendre rien d'autre que l'annexion de la Lombardie. la France ayant Nice et la Savoie pour prix de son concours. »

vingt-quatre heures après, le comte Walewski annonçait à lord Cowley que la France adhérait à la proposition anglaise ; seulement, le 12 avril, le ministre déclarait à l'ambassadeur britannique que la France se refusait à demander à la Sardaigne un désarmement qui ne concernait que les cinq grandes puissances, et cette réserve détruisait, d'après la cour de Londres, tout l'effet de l'adhésion annoncée par l'empereur. Lorsque lord Loftus avait communiqué au comte Buol la « recommandation » anglaise, le chancelier autrichien avait déclaré qu'il en référerait à son souverain, puis il avait fait une contre-proposition de forme, puis il avait renvoyé sa réponse au lendemain. Au fond, l'Autriche ne devait pas accepter un désarmement qui pouvait être imposé à un État secondaire, comme le Piémont, non à une grande puissance, fière de son indépendance; eût-elle cédé à l'injonction dissimulée sous le « conseil » de l'Angleterre, elle en eût ressenti une humiliation qui aurait eu un périlleux retentissement en Hongrie et dans ses provinces italiennes1. Elle ne pouvait que décliner d'un geste doux : sa faute fut de préparer dès lors une brutale initiative.

En recevant la nouvelle proposition britannique, les hommes d'État sardes avaient été inquiets; ils le furent davantage en apprenant que la France acceptait le principe du désarmement. Le roi ne perdit rien de sa maîtrise et de sa bonne humeur; à la demande de Cavour, il était revenu le 10 avril de son château de Pollengo, et reçut le jour même le ministre de France qui le trouva « préoccupé de la situation, mais calme et décidé à ne pas se laisser aller au découragement ». Il tenait, ajoutait le diplomate, à l'égard de son premier ministre « un langage un peu moins bienveillant que

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