‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 123 sur 347 · Zanichelli, Il conte di Cavour, p · texte numérisé non relu

Zanichelli, Il conte di Cavour, p

d'habitude, lui reprochant de se laisser aller trop facilement aux illusions et au découragement1 ».

Gavour était en effet assez surexcité, ainsi qu'en témoignent tous ceux qui l'ont approché pendant ces jours troublés : « Je suis obligé, moi, de le calmer, écrivait Victor-Emmanuel dans une lettre intime... Il a perdu dans l'opinion des gens sérieux et éclairés à cause de ses fureurs momentanées, et d'une confiance illimitée qu'il accorde parfois à des gens qui ne la méritent pas2. » Mais, tout de même, il allait droit son chemin. Le 12 avril, il télégraphiait à Paris qu'il était impossible au Piémont de désarmer sans qu'on garantît la liberté de la rive droite du Tessin et le principe de non-intervention; qu'il était d'ailleurs impossible de renvoyer les engagés volontaires avant l'issue du Congrès3. Le prince Napoléon vit l'empereur qui le chargea de répondre que « le principe du désarmement admis ne concernait que les cinq grandes puissances allant au Congrès... La France n'avait voulu s'engagera aucune démarche dans ce sens vis-à-vis de la Sardaigne qui restait libre4 ». On se souvient que Walewski avait dès la veille fait à Cowley une pareille déclaration.

Fort de cet appui, Cavour était en mesure de résister à de nouvelles instances du cabinet anglais; le 14 avril, M. West, chargé d'affaires en l'absence de M. Hudson appelé à Londres, vint demander, au nom de son gouvernement et « avec accompagnement de menaces plus ou moins dégui-

1. Le prince de La Tour d'Auvergne au comte Walewski, 10 avril 1859.

2. Le roi Victor-Emmanuel au prince Napoléon, 14 avril 1859. Dans une lettre à La Marmora, du 15 avril, Gavour reconnaît qu'il a « les nerfs détraqués » et il ajoute : « Je te prie de ne pas me garder rancune, car, si nous nous boudons, nous sommes tous f sans rémission. »

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