‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 14 sur 347 · Cavour à Cantono, 20 février · texte numérisé non relu

Cavour à Cantono, 20 février

16 i CAVOUR

Cavour tira immédiatement le bénéfice de sa prudente réserve : à Londres, Clarendon, à Paris, Walewski, tous deux pourtant favorables à l'Autriche, critiquèrent la note de Buol avec autant de vivacité qu'ils en mettaient dans leur approbation à la réponse du Piémont1 ; même le prince Gortchakoff télégraphiait de Pétersbourg qu'il n'était en rien solidaire de l'action autrichienne, et la Prusse se ralliait au blâme général. La cour de Vienne avait trouvé moyen de se rendre hostile toute l'Europe; il ne restait plus qu'une faute à commettre, qu'elle ne manqua point : le 22 mars, le comte Paar reçut l'ordre de quitter Turin ; ainsi étaient rompues complètement des relations diplomatiques bien atteintes depuis quatre ans, et rompues sur un acte d'une brutalité telle que dans toutes les cours on le traita de « provocation » et de « fausse manœuvre" ». Cavour était en droit de se frotter joyeusement les mains.

En vain François-Joseph avait-il nommé son propre frère, Maximilien, à la place de Radetzki, dans l'espoir que les qualités de cœur et d'intelligence du noble prince rallieraient l'opinion publique ; rien n' y fit, car les Piémontais et les Lombards disaient avec Manin : « Nous ne désirons pas que l'Autriche devienne plus humaine, mais qu'elle s'en aille3. »

La situation politique dans le royaume sarde contrastait vivement avec celle des autres Etats de la péninsule. Rapports de gouverneurs et de syndics, dépêches diplomatiques,

Page 1